Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Les pantins marionnettistes volume 1 : Le château des brasseurs d'air

Publié le par Leussain

Mon avis sur Les pantins marionnettistes volume 1, de Samantha Cortenbach.

Autant vous prévenir tout de suite : ce roman n'est pas un thriller, même si les premières pages et le nombre de meurtres assez élevé qu'il recèle pourraient le laisser penser. Je n'ai malheureusement été séduit que partiellement. J'ai apprécié sa profonde originalité, ce côté melting-pot d'influences aussi diverses qu'Alexandre Dumas, Oscar Wilde et le baroque de certains mangas bien tordus. Le style est ambitieux ; adepte de la phrase fluide, passez votre chemin, ici on tricote de la métaphore, à l'ancienne, comme au bon vieux temps des auteurs classique. Hélas, si l'auteure ne manque pas de culture et d'érudition, j'ai souvent été agacé par son prosaïsme qui frôle parfois la faute de goût et la maladresse. Un exemple : "Et faute d'une ruse éclairée pour seul salut, la débâcle de tourment emportait les débris de sa concentration, mélangeant feintes décousues et ébauches de stratagèmes, comme un raz-de-marée où fusionnent déchets et cadavres". A vos souhaits ! Le roman regorge de ce genre de périphrases amphigouriques qui tiennent plutôt de l'essai que de l'oeuvre romanesque. Parfois, au contraire, l'auteure arrête de faire la maligne et délivre un paragraphe qui fait mouche : "Le peuple n'écrit pas. Il laisse aux intellectuels souffreteux, emmitouflés dans la chaleur d'un âtre, en éternel concubinage avec leur écritoire d'ébène, le soin de parler de lui à sa place." 
   Mais c'est surtout son intrigue, son fil conducteur, qui m'ont laissé dubitatif. Le roman possède un cachet unique, mais comme dans les mangas auxquels je pense, il parait totalement déconnecté de la réalité, et si j'ai dans un premier temps apprécié et été mis mal à l'aise (dans le bon sens du terme) par les tribulations de son Masque de minuit, je me suis fait ensuite souvent "éjecter" de l'histoire quand celle-ci prenait des virages irréalistes -- et non surréalistes. Ainsi j'ai trouvé que les motifs et les origines de la violence et de la vengeance d'Abel ne tenaient pas debout, et sa relation avec son mentor et bourreau, Laurent Des Roches, que j'espérais atteindre des sommets de cruauté, se dégonfle après bien des péripéties inutiles et des brassages d'air de la part de ses très - trop - nombreux personnages secondaires. Ce roman gagnerait énormément à être élagué de ses passages les plus longuets et de sa phraséologie trop ampoulée. 
Pourquoi trois étoiles, me direz-vous, alors que je n'ai fait jusqu'ici que souligner des défauts ? Eh bien parce qu'il souffle sur ce roman un véritable souffle épique ; précisément le même qui parcourt Le comte de Monte Cristo ou Les hauts de Hurlevent. Une qualité qu'on ne retrouve plus guère dans la littérature actuelle.  

 

Publié dans critique livre

Partager cet article

Repost 0

Article publié depuis Overblog et Twitter

Publié le par Leussain

Bangeourre. J'ai lu ce recueil de nouvelles, dont les produits de la vente allaient aux restos du coeur. C'est du seconde main, donc je n'ai même pas la fierté d'avoir fait une bonne action et d'avoir offert trois repas à des gens dans le besoin. J'irais bien acheter le prochain album des Enfoirés, seulement voilà : y a des limites à la philanthropie. 

La quatrième couverture prétend que 13 des plus grands auteurs français actuels ont écrit 13 nouvelles sur un thème commun : le repas. Ben je vous le dis, si c'est tout ce que la littérature française est capable de produire, on est salement dans la merde. 

Ca va du bon (Eric Emmanuel Schmitt, largement gagnant de ce concours officieux, Frank Thilliez, Jean-Marie Perrier), au passable (Maxime Chattam, Pierre Lemaitre) au carrément médiocre (Bernard Werber et son Langouste Blues aussi original que la cerise dans la forêt noire..., Alexandra Lapierre et sa nouvelle qui blaire la chick-lit décérébrée). Sans surprise, les deux chouchous de la cagolle parisienne et de la ménagère préménopausée : Guillaume Musso et Marc Lévy, se disputent le titre de l'auteur de la nouvelle la plus pourrie du recueil. Je pense tout de même que Lévy, avec son allégorie naïve sur le conflit israélo-palestinien farcie de poncifs, remporte sur le fil cette compétition de nivellement par le bas. 

Voilà, je vous laisse faire ployer vos étagères avec ce genre d'ouvrages. Me concernant, je vais le refiler vite fait à quelqu'un d'autre, comme on fait avec l'herpès. 

 

Publié dans critique livre

Partager cet article

Repost 0

L'année sympathique

Publié le par Leussain

Ce matin, à 6h05, je suis sorti de prison. La prison, c'était le boulot dans lequel j'étais enfermé depuis trop longtemps et qui m'empêchait de me consacrer pleinement à ma passion: l'écriture. 
L'information qui suit va peut-être réjouir quelqu'un d'autre que moi (les quelques personnes qui ont lu tous mes livres et attendent le prochain avec impatience... si, si, y en a...) : Je suis en congé sabbatique pour une durée de onze mois. Une période où je vais pouvoir écrire huit heures par jour et vous submerger d'histoires toujours plus dingues, le but -- probablement peu réaliste -- étant de me tirer l'équivalent d'un salaire (parce qu'en congé sabbatique, on ne touche plus rien, ni chômage ni allocs). Je vise un rythme d'une nouvelle tous les quinze jours. Préparez-vous à cagnotter la monnaie des baguettes de pain.

Pour ceux qui hésiteraient encore à découvrir mes maculatures, vous pouvez d'orge et d'orgeat (Bérurier dixit) donner une petite pièce à un nécessiteux scandaleusement racketté par le grand méchant AMAZON.

Publié dans Avancement et projets

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 > >>