Zone franche, Elen Brig Koridwen

Publié le par Leussain

Bangeourre.

Une fois n'est pas coutume (je pars avec une provende de trente "une fois n'est pas coutume" pour l'année, il m'en reste encore vingt-sept), je me suis laissé embarquer dans un roman qui, extérieurement, si on en juge par sa couverture très collection Harlequin, a tout de la romance à l'eau de rose... C'est que, contrairement à toi qui es sans doute au chômage pour traîner sur ce blog, je n'ai pas de temps à perdre. M'embarquer dans la lecture d'un mauvais livre, c'est amputer mon existence de précieuses heures que je peux employer à autre chose, comme par exemple écrire ou me frustrer à Street Fighter V.

Alors, avant de télécharger un livre, même par le biais d'une opération de gratuité, je feuillette les premières pages sur l'interface amazon. Si ça sent la merde, il y a de fortes chances pour que c'en soit, et si c'est le fumet d'un bon frichti qui se dégage, il y a des chances pour que le reste de l'oeuvre soit à l'avenant.

Comme prévu, le sujet ne m'a pas intéressé plus que ça : les amours compliqués entre l'héroïne et son presque frère et mentor, personnage aux activités interlopes mais d'un charisme époustouflant. Pas assez de drame, de sang, de larmes, à mon goût. Trop tiède, avec tout de même un discours anarchiste qui m'a séduit. Je laisse le côté fleur bleue à la ménagère qui sans nul doute se pâmera devant certaines scènes érotiques mais toujours pudiques.

Non, ce qui fait la force de ce roman, c'est sa qualité d'écriture. C'est bien simple, désolé les autres galériens de l'autoédition, mais c'est le bouquin le mieux écrit tous genres confondus, mais aussi le plus érudit, qu'il m'ait été donné de lire. Le style est fluide, magnifique, puissant, et d'une précision chirurgicale. Pas si souvent qu'un auteur, qu'ils soit professionnel ou non, me donne une telle leçon d'humilité. Quand il m'arrive de revenir en arrière pour relire une phrase ou un paragraphe épicé et parfaitement construit, c'est vraiment que je m'en tape le cul par terre.

Lecteur exigeant qui recherche quelque chose dans le genre d'un peu plus chiadé que 50 nuances de Gras, précipite-to, c'est du nanan.

Publié dans critique livre

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