Une entrevue avec les Four Horsemen

Publié le par Leussain

Une entrevue avec les Four Horsemen

Bangeourre.

Tu l'as peut-être constaté en arpentant ce blog, je suis un des plus grands laudateurs de Metallica de France métropolitaine et des DOM-TOM. Je suis de ceux qui pensent que Dieu aurait mieux fait de donner à l'Homme la guitare électrique avant la Femme, on aurait été moins emmerdés. Et quand il arrive qu'une chanson de Metallica passe à la radio, même si c'est invariablement Nothing else matters, je me mets à couiner comme une midinette.

Je pourrais passer toute la putain de journée à t'expliquer scientifiquement pourquoi Metallica est le meilleur groupe de Metal au monde, en pure perte ; il te suffit d'ouvrir un live sur youtube pour comprendre que si le silence après du Mozart c'est encore du Mozart, le silence après Metallica c'est encore du Metallica.

Parmi les groupes hommages aux groupes de rocks qui gravitent sur la scène française, il en est un qui reprend à la perfection les titres des Mets : The Four Horsemen (aka les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse), qui tire son nom d'un morceau du premier album de Metallica. Hérésie, de prendre du plaisir en écoutant des morceaux qui ne sont pas joués par le groupe original ? Eh ! fleur de nave ! Beethoven est mort depuis longtemps, pourtant il donne toujours des orgasmes !

J'ai demandé aux Four Horsemen de bien vouloir répondre à mes questions, et c'est François, 33 ans, bassiste et chanteur, qui s'est bien gentiment prêté à l'exercice.

D'où êtes vous originaire, et quelle est la genèse de votre groupe ?

  • Nous sommes tous originaires de Paris. Wayem (batterie) et moi-même habitons Nantes depuis un peu plus de quatre ans maintenant. La genèse est simple, le groupe est né il y a treize ans avec l'idée de faire un seul concert pour la fête de la musique 2003. Mais de fil en aiguille, la démarche s'est un peu professionnalisée et nous avons finalement fait un sacré bout de chemin. Le groupe a joué un peu partout en France et cumule une centaine de concerts au compteur aujourd'hui.

Une question de profane : comment cela se passe-t-il quand on décide de jouer des reprises d'un groupe aussi célèbre et soigneux de son image que Metallica ? J'imagine qu'il faut tout un tas d'autorisations particulières.

  • Alors pas du tout, tu es libre de jouer ce que tu veux. Par contre, quand tu donnes un concert, le producteur de la soirée doit déclarer les titres à la Sacem, comme pour n'importe quel concert. Mais rien de plus. Aucune contrainte, à part savoir jouer les titres bien sûr. Il existe des centaines de groupes tribute comme nous partout dans le monde.

Avez-vous pu rencontrer les membres du groupe ? James est-il aussi charismatique, Kirk est-il aussi beau gosse, Roberto aussi imposant physiquement, et Lars aussi... exaspérant qu'on se l'imagine ? Faites-moi rêver, merde !

  • Oui j'ai rencontré le groupe plusieurs fois avec un tas d'histoires assez folles, mais pas le temps de tout détailler, il faudrait un hors série pour tout raconter. James est en effet incroyablement charismatique, c'est le dieu vivant par excellence. Kirk est plutôt timide et Lars devient ton meilleur pote pendant trois minutes, avant d’être le meilleur du pote du mec à coté pour les 3 autres minutes. Mais il est cool. Globalement, quand tu rencontres le groupe dans un « Meet and greet » ils sont tous sympas et à l'écoute des fans. Voici la vidéo de ma rencontre avec James Hetfield en 2006 au Rock am Ring Festival en Allemagne, par exemple.

Il faut un sacré niveau technique pour reprendre à la perfection des chefs d'oeuvre comme One, Dyers Eve ou Master of Puppets. Quel morceau risque à long terme de vous défoncer le canal carpien ou de vous donner de l'arthrite ?

  • Sans aucun doute, Disposable Heroes. C'est un morceau super fatiguant à jouer, mais ultra plaisant aussi. On le rejoue d’ailleurs pour les prochains concerts à venir. Master est aussi assez intense sur les couplets. Mais globalement, avec de la pratique tout passe tranquille si tu es bien échauffé. (NDR : c'est cela oui, et moi je chie des briques Lego...)

La question bateau qu'un journaliste de TF1 aurait pu me souffler : n'est-ce pas un peu frustrant de jouer les morceaux d'un autre groupe ?

  • Pas du tout, c'est génial, l'interaction avec le public n'en est que plus grande, et quel bonheur de jouer tous ces riffs mythique ! Le tribute band c'est un peu à double tranchant : si ça se passe bien sur scène, le public suit tout de suite, mais si tu commets une erreur dans le texte ou dans les solos, ça se voit direct. On a la chance que ça se passe toujours plutôt bien pour nous jusqu'ici. Escomptons que ça continue comme ça.

Envisagez-vous de produire un jour un album composé de vos propres créations ?

  • Entre nous, non, mais on a chacun eu des projets divers et variés avec des compositions tout au long de l’existence du groupe. Mais étonnamment le seul projet toujours en vie en 2015 est The Four Horsemen.

Y a-t-il un poste maudit chez les Four Horsemen, comme la basse l'est pour 'tallica ?

  • Non pas trop, on a eu deux batteurs les premières années, mais Wayem joue avec nous depuis plus de 10 ans maintenant. Pas de malédiction chez nous. Pour le moment en tout cas...

Peut-on évoluer dans le monde du Metal sans se farcir de stupéfiants et terminer les concerts par des orgies dantesques ?

  • C'est vrai que les clichés ont la peau dure, mais l'envers du décor est beaucoup moins rock'n roll que ça. Et je te le confirme doublement, car je travaille pour différents festivals de metal et pour une salle de concert. De notre coté, on ne boit pas une goutte d’alcool avant de jouer et on prend encore moins d'autres substances illégales (NDR : merde, vous baisez même pas vos groupies ?). Après le concert tu bois quelques coups, mais tu es souvent rattrapé par le fait qu'il faut ranger le matos et ramener la caisse à l’hôtel pour dormir trois heures avant de repartir. Désolé de casser le mythe mais c’est la réalité pour 90% des groupes.

Parvenez-vous à vivre de vos instruments, ou devez-vous effectuer des métiers dégradants pour survivre, comme nettoyer les latrines de gens qui écoutent du Jazz, ou vendre à des petits vieux des fontaines Culligan ?...

  • Nous avons tous des métiers différents plus ou moins en rapport avec la musique (sauf Wayem). De mon coté, je suis chargé de communication pour une salle de concert à Nantes (Le Ferrailleur) et pour des festivals de metal. Mais aucun de nous n'est vraiment musicien professionnel ; la musique est une passion pour nous mais pas vraiment un métier.

Je constate que, de la même manière que les Mets s'obstinent à ne pas venir jouer en France (ah, ça... pour aller régaler les pingouins en Antarctique, ils sont toujours partants...) vous vous obstinez à ne pas venir jouer en Charente. Voilà... ce n'est pas une question. C'est juste un putain de libelle ! Mon J'accuse ! à moi.

  • Alors certes, Metallica n'a pas joué en France depuis 2012, mais ils ont joué énormément sur les dix dernière années en France. De notre coté, on tourne un peu moins, car faire coïncider nos emplois du temps est de moins en moins évident. Mais pourquoi pas la Charente, je suis pas contre. Il y a des metalleux là-bas ? En fait, on devrait faire pas mal de dates en 2016. Je vais travailler la dessus.

Le rock français est moribond. Enfin, je veux dire que depuis les soucis conjugaux de Bertrand Cantat, on n'a plus de superstars comme en ont les rosbeefs avec Muse ou Oasis, par exemple. Et je ne parle même pas des Stones ou des Beatles, alors que nous c'est Johnny Hallyday et Dick Rivers...

  • A mon sens, le rock français grand public (qui passe sur les ondes) a toujours été assez faible (c'est mon point de vue). En effet, à part Alain Bashung et Noir Désir, peu de groupe m’ont fait kiffé. On est nuls à chier en rock mainstream, c'est tout... Et merci de ne pas me parler de la reformation de « Téléphone » ou je risque de vomir mon déjeuner.

Quels sont les groupes français qui trouvent grâce à vos yeux ? (ne me répondez pas Kyo, ou je jette cette entrevue à la corbeille)

  • Il y a un vivier incroyable de jeunes groupes, que ce soit dans le metal ou le rock en France. Je peux te citer des groupes de chez moi comme mon coup de cœur Enlightened (Rock Stoner / Nantes), les jeunes de Backtrack Lane (Rock – Paris), War Inside (Black Metal – Nantes) ou encore Necroblaspheme (Death Metal – Paris). Et dans le créneau des reprises marrantes « Dance des années 90 » mais version metal, il y a DanceFloor Disaster à ne surtout pas manquer si ils passent par chez vous.

Quelle est la plus grande salle où vous vous soyez produits ?

  • Le Zénith de Caen en 2009 devant 2500/3000 personne, c'était fou ! Un souvenir incroyable qu'on n'oubliera jamais. Mais on a aussi joué au Hellfest en 2011 et cette année, ou dans de belles salles de plus 900 personnes qui affichaient soldout. Globalement, nous avons eu beaucoup de chance et on a fait des trucs énormes pour un groupe de reprises.

Où peut-on vous retrouver prochainement ?

  • On vient de jouer ce week-end à Nantes, un superbe concert soldout et on sera samedi 07 novembre en région parisienne, à Cergy (95), au Pacific Rock (5 euros). Ensuite rendez-vous en 2016 pour des dates un peu partout en France.

Si vous deviez mourir sur scène comme Molière, quel serait le meilleur morceau pour cela ?

  • Moi je partirais bien sur une ballade comme Mama Said ou Turn The Page, histoire de faire chialer un maximum l’audience. (NDR : excellent choix !)

Vous avez vu, pour Lemmy ? Moi je ne m'en remets pas.

  • J'ai vu Motorhead 6 ou 7 fois ces 10 dernières années, mais cette année au Hellfest tout le monde a pu constater que le pauvre est très très malade et plus du tout en l'état pour assurer des lives. Il a largement éclaboussé le monde de la musique de son talent et de son charisme pour pouvoir se retirer, à mon sens. Je pense qu'il serait logique et intelligent de stopper le groupe, qui n'est plus qu'une triste parodie de ce qu'il a été... C'est déjà un miracle que Lemmy soit encore là.

Metal up your ass, les Four Horsemen !

  • Metal up you ass à toi aussi !

Pour suivre les Four Horsemen.

Fb : https://www.facebook.com/thefourhorsementribute

Tw : https://twitter.com/4horsemencover

Yt : https://www.youtube.com/user/frantic35

Vidéos :
Creeping Death => http://youtu.be/Fv5Bu9OLTqs
Orion => http://youtu.be/9fW4RpYAcD0
Seek and Destroy => http://youtu.be/719mO1gPUyo

Une entrevue avec les Four Horsemen

Publié dans critique musique

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Leussain 03/10/2015 13:29

Ah, mais c'est fort dommage, ça ! Cessez de respirer pendant quatre minutes, et tout devrait rentrer dans l'ordre.