Ma première fois.

Publié le par Leussain

Bangeourre.

Hier samedi 7 mars, j'ai participé à mon premier salon du livre en tant qu'auteur : le salon du livre de Chaniers. J'ai vendu, attention tiens-toi bien, non pas dix, non pas cinq, ni même deux, mais zéro bouquins ! Tu vois ce que c'est, on se décarcasse pour donner aux gens à lire autre chose que du Guillaume Musso et du Marc Lévy, et voilà comme on est remercié. Ah la vache, heureusement que ça se passait pas dans le Lubéron, cette affaire là... Une cinquantaine d'auteurs étaient présents, et environ trois fois moins de visiteurs ont défilé devant moi en quatre heures, des retraités en goguette pour la plupart.

Une ou deux rencontres avec d'autres auteurs sympas, néanmoins, même si j'ai trouvé qu'en général les auteurs indépendants préfèrent parler du fric qu'ils se font avec leur livre (ou en l'occurrence : qu'ils ne se sont pas faits) que de parler de littérature. Ah mais ils ne savent pas que l'écrivain est comme le moine franciscain, il ne s'accomplit que dans la pauvreté ?... qu'il s'épanouit dans l'indigence ? Un écrivain n'est jamais aussi bon que quand il est harcelé par ses créanciers et quand il a plus de beurre à mettre sur ses biscottes.

J'ai confirmé ce que je subodorais : je n'ai pas ce réflexe mercantile qui consiste à hameçonner le chaland en lui parlant en long en large de ma tambouille. J'arrive pas à racoler, à lever la jambe assez haut, à sourire de tous mes chicots comme une cagole du Juste Prix. Y en a qui font ça bien, y a même une dame-d'un-certain-âge fardée ripolin qui m'a collé son recueil de poèmes dans les pognes, ni bonjour ni merde ! Qu'est-ce que j'en avais à foutre de ses poèmes cul-cul la praline, moi ? Ouais, l'eau est bleue, le vent souffle sur ton cou, l'herbe verdoie sous le soleil, tralala pouët-pouët... ah j'en ai stricto sensu rien à carrer de la poésie, et je le dis et je le répète : la poésie en vers, c'est un pet de l'esprit, ça daube la naphtaline. Qu'on me présente un poème qui m'émeuve autant qu'un livre ou un film, et on en reparlera... Et puis t'imagines, tu te pointes chez ton boucher et sans te dire bonjour il te colle comme ça une livre de bidoche dans les mains et il t'agresse verbalement : "Ah ça c'est de la Parthenaise abattue de c'matin, c'est de la bonne race à viande, ça vous fond sous le palais !..." ? Hein t'en penserais quoi ? Ou ton gynéco ? T'y vas pour une mycose vaginale, et direct il t'enfonce le speculum, là devant tout le monde dans la salle d'attente ? C'est fou, non ?

Je crois que même les putes ont plus de dignité que les écrivains, en fait.

Un autre collègue, je suis pas arrivé à lire plus de deux lignes de son bouquin, plus bavard qu'une mère juive, il m'a raconté l'histoire en long en large et en travers, j'avais même plus besoin de le lire son bouquin. Il pouvait pas savoir, mais comme disait Céline : des histoires y en a plein, tout le monde a une histoire à raconter, y a qu'à ouvrir un journal pour lire une bonne histoire ; non moi ce que je cherche c'est un style, c'est quelqu'un qui va me surprendre dès le premier paragraphe par une construction hors-norme de ses phrases ! Comment veux-tu obscur écrivaillon que je juge de la forme si tu ne fermes pas un peu ta gueule et que tu ne me laisses pas tranquillement lire ?

Au revoir.

Publié dans autour de l'écriture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Ryan Thomas Davidson 17/09/2015 14:38

Très drôle tes articles, si tu écris comme cela, c'est très intéressant !

GARGOUIL 17/03/2015 12:17

L'optimiste que je suis se dit que, peut-être, vous me comptez parmi les auteurs sympas rencontrés à Chaniers ! ! Depuis que je vous lis, je suis encore plus optimiste et lors d'un nouveau salon, à Chalais cette fois, j'ai parlé de vous et d'EPILOGUE à bon nombre de personnes, leur décrivant un auteur et un texte hauts en couleurs (oui, oui, je trouve votre air sombre très coloré !)
Une admiratrice courant vers son épilogue !

Leussain 12/03/2015 19:10

Mais lol, Freharte. Sors-toi les doigts et penche-toi sérieusement sur ton clavier, bordel.

Freharte 10/03/2015 08:44

Livre.
Chaniers.
Salon.
Chaniers.

Les seuls salons qui existent à Chaniers, ce sont les salons de jardin en plastique. C'est comme organiser la biennale du cabillaud à Chervres.

Didier 08/03/2015 07:54

C'est pas parce que ça a pas marché cette fois que ça marchera pas plus tard. Vendre un bouquin, c'est vendre son atmosphère. Une planche, des tréteaux, une pile de bouquins dessus, ça fait direct vide-grenier. Tandis que s'il y a un peu de déco en rapport, un drap de la bonne couleur tendu à l'arrière pour te séparer des autres stands, quelques illustrations, ça fait de suite un peu plus vitrine de boutique. J'ai jamais fait de salon, mais mon taf, c'est la vente traditionelle.
Bon, voyons, de ce que j'ai lu de toi, il faut des poches à urine et des dentiers (Epilogue), des pipes à crack et des canettes de Kro (le trou de ver...), des emballages de Burger king/Queen et des mégots de Morley (la cité des monstres). Hum... je sais pas si l'atmosphère sera bien vendeuse en fait...

GARGOUIL 17/03/2015 12:19

Ce sont de judicieux conseils !